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Assaamou Alaykoum, tout le monde
 
Je joins ici deux articles parus dans LE MONDE, au sujet de la langue allemande... à toutes fins utiles...
 
Bonne lecture et bonnes vacances.
 
A. Zyate
 
* * *
 
"ß", "ss", "fff": les subtilités du nouvel allemand, tel qu'il ne parvient pas à s'écrire...
LE MONDE | 11.08.04

Berlin de notre correspondant

Comme il existe sur Internet des convertisseurs de devises, la réforme de l'orthographe allemande a suscité la création d'outils orthographiques qui donnent à l'ignorant (ou à l'hésitant) l'orthographe nouvelle d'un mot écrit avec l'orthographe ancienne.

Petit exercice pratique : mouliné par le convertisseur, "sitzenbleiben" ("rester assis" en ancienne orthographe) s'écrit en allemand nouveau "sitzen bleiben". La même machine indique que le mot "die Straße" ("la rue") continue de s'écrire avec cette lettre particulière allemande qu'est le eszett (ß) car la voyelle qui le précède est longue. En revanche, ce qui s'écrivait avant "der Haß" ("la haine") s'écrit désormais "der Hass" car la voyelle est courte.

Simple ? Certes, mais cela peut singulièrement se compliquer. Ainsi, si vous habitiez, avant, dans la Friedrich Schiller Straße, vous demeurez désormais dans la Friedrich-Schiller-Straße. En foi de quoi, une bonne partie des plaques de rue allemandes, orthographiées, suivant les localités, totalement ou partiellement sans trait d'union, et presque toujours avec le mot "Strasse" plutôt que le mot "Straße", comportent une ou deux fautes d'orthographe.

MULTIPLICATION DES CONSONNES

Avec la réforme orthographique, la langue allemande, dont de nombreux mots proviennent de l'association de deux autres mots, vit désormais sous le règne de la multiplication des consonnes. Selon la nouvelle orthographe, "die Schiffahrt"("la navigation"), mot dérivé de "das Schiff" ("le bateau") et de "fahren" ("se déplacer" ou, ici, "naviguer"), devrait normalement s'écrire "die Schifffahrt", ce qu'aucune publication n'ose faire tant paraît saugrenue cette concentration de trois "f".

Dernier exemple avec les mots étrangers germanisés par la nouvelle orthographe : "die Mayonnaise" devrait, aujourd'hui, normalement s'écrire "die Majonãse". En trois ans de présence à Berlin, jamais le correspondant du Monde n'a eu le bonheur de rencontrer cette fantaisie culinaire.

Traductrice dans une maison d'édition de Stuttgart, Tanja Felder, dont les subtilités de la langue sont pourtant le métier, avoue ne pas toujours maîtriser les finesses de la réforme. "J'y ai été confrontée lorsque j'étais à l'université, en 1997, dit-elle. J'ai acheté le Duden - l'équivalent allemand du Larousse - et j'ai lu le cahier explicatif qu'il contenait. Sept ans plus tard, j'ai toujours des difficultés à respecter certaines règles, telles celles concernant les verbes composés, à séparer ou non, suivant les cas."

Pour de nombreux Allemands, la place des virgules et celle des traits d'union, malgré des règles strictes, n'obéissent qu'aux aléas de la fantaisie. "Tout est possible et personne ne s'en formalise", reconnaît Tanja Felder. Même ses clients, dont certains demandent que les textes qu'ils veulent faire traduire soient écrits selon l'orthographe ancienne.

Georges Marion

 ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 12.08.04
 
* * *
 
En Allemagne, la réforme de l'orthographe est torpillée par deux grands éditeurs de presse
LE MONDE | 11.08.04
Les groupes Springer et Der Spiegel partent en guerre contre "la dyslexie ordonnée par l'Etat".

Berlin de notre correspondant

Les grandes causes nationales se jouent des frontières idéologiques. Le groupe Springer, éditeur du quotidien conservateur Die Welt et du journal populaire Bild, vient ainsi de s'associer au groupe Der Spiegel, qui édite le célèbre hebdomadaire de centre gauche du même nom. Objet de l'alliance : faire capoter la réforme de l'orthographe allemande qui, après plusieurs années de régime transitoire, devrait entrer définitivement en fonction le 31 juillet 2005.

Dans un communiqué commun publié le 6 août, les deux éditeurs, qui assurent que leurs titres touchent 60 % de la population, annoncent qu'ils ont décidé de revenir "aussi vite que possible" à l'ancienne orthographe. Selon eux, la nouvelle orthographe est toujours mal acceptée, suscitant chez ses utilisateurs une insécurité qui ne se dément pas. "Après cinq années d'essai dans la presse écrite et six années dans les établissements scolaires, écrivent-ils, la réforme n'a apporté ni allégement ni simplification pour les professionnels comme pour les élèves. Au contraire : l'incertitude grandit, la confusion entre ancienne et nouvelle orthographe est de règle. Ceux qui écrivaient correctement avant la réforme font aujourd'hui des fautes. Les parents ont une autre orthographe que leurs enfants, et les enseignants sont profondément désorientés."

Arguant de leur responsabilité devant les jeunes générations et regrettant le fossé de plus en plus grand qui se creuserait entre ceux qui écrivent et ceux qui lisent, les éditeurs appellent tous leurs confrères à en terminer avec la "dyslexie ordonnée par l'Etat" et, comme eux, à en revenir à "l'orthographe classique allemande". Journal libéral de gauche édité à Munich, le Süddeutsche Zeitung a aussitôt annoncé qu'il se rangeait aux côtés de ses deux confrères.

Cette spectaculaire initiative devrait faire boule de neige et relancer un débat qui n'a cessé depuis 1994, lorsqu'une commission d'experts avait été chargée de débroussailler la langue de Goethe. Il s'agissait alors de simplifier l'orthographe, d'améliorer la cohésion de la langue et de germaniser la graphie des noms d'origine étrangère. Le 1er décembre 1995, les ministres de l'éducation des seize Lãnder adoptaient à l'unanimité le principe d'une réforme.

Quelques mois plus tard, les pays germanophones (Suisse, Autriche, Liechtenstein) et ceux où réside une minorité de langue allemande (Belgique, Italie, Hongrie, Roumanie, Serbie) leur emboîtaient le pas. Après un détour par la Cour constitutionnelle, saisie par deux parents mécontents, la réforme, qui a changé la graphie de 185 mots, réduit de 212 à 112 le nombre des règles d'orthographe et de 57 à 9 celles du placement des virgules, entrait en vigueur le 1er août 1998.

La presse s'y était mise en 1999, avant la généralisation obligatoire, prévue pour 2005. Mais, dès 2000, le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung la dénonçait et décidait de revenir à l'orthographe ancienne au motif que la réforme appauvrissait la langue tout en compliquant le travail des professionnels. Curieusement, à l'époque, les éditeurs révoltés d'aujourd'hui avaient dénoncé la volte-face de leur confrère comme un combat d'arrière-garde.

Depuis, la réforme a été appliquée cahin-caha. Dans un pays où l'éducation et les programmes scolaires dépendent de chaque Land, l'orthographe a connu bien des vicissitudes et autant de régimes. Dans nombre d'écoles, on enseigne l'allemand nouveau, mais les fautes découlant de l'ancienne orthographe ne sont pas sanctionnées.

L'initiative des groupes Springer et Der Spiegel a suscité des réactions fort contrastées, preuve que la réforme est loin de faire l'unanimité. Pour enfoncer le clou, le site du Spiegel propose une série de questions orthographiques propres à dérouter les lecteurs les mieux avertis ; plusieurs responsables politiques ont demandé que la réforme soit maintenue et autant qu'elle soit rejetée. L'écrivain allemand et Prix Nobel Günther Grass est pour l'abandon, comme le sont le célèbre critique littéraire Marcel Reich-Ranicki et nombre de pédagogues ; les responsables du syndicat de l'éducation, qui craignent qu'élèves et professeurs ne s'y retrouvent plus, se proclament contre le retour en arrière, comme les éditeurs de dictionnaires et de livres scolaires, qui voient avec effroi se profiler la perspective d'une révision en catastrophe de tous leurs ouvrages.

D'ores et déjà, la prochaine conférence des ministres régionaux de la culture, seule instance en droit d'harmoniser les programmes scolaires, s'annonce animée, comme devrait aussi l'être la réunion des responsables allemands, suisses et autrichiens qui ont décidé de se rencontrer, ce mois encore, à Vienne.

Les ministres-présidents de plusieurs Lãnder ont déjà annoncé qu'ils étaient décidés à réintroduire l'ancienne orthographe. Rien, en théorie, ne s'y oppose. Il est à espérer que les écoliers allemands, dont les performances orthographiques sont notoirement médiocres, ont passé de reposantes vacances.

Georges Marion

 ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 12.08.04


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Vendredi 13. Août 2004  18:09

abd_zya
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Assaamou Alaykoum, tout le monde Je joins ici deux articles parus dans LE MONDE, au sujet de la langue allemande... à toutes fins utiles... Bonne lecture et...
Abd Zya
abd_zya
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13. Août 2004
18:12
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