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Giuseppe Verdi: Stiffelio (Downes, 1993   Liste de messages  
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Source :Classique News
http://www.classiquenews.com/voir/lire_chronique_dvd.aspx?id=719
Texte : Tristan Montségur
Date : 6 juillet 2008

Covent Garden, 1993: un opéra de Verdi est révélé. Le duo
Carreras/Malfitano se révèle excellent, offrant chair et larmes, sang
et sueur dans l'incarnation d'un couple théâtral qui exige intensité
et finesse. exaltation sans débordement de Catherine Malfitano,
nervosité affûtée du ténor espagnol, Stiffelio (1850) ne pouvait
trouver meilleurs ambassadeurs.

Stifellio (créé en 1850) marque avec Luisa Miller (1849), une
première série d'ouvrages de maturité, dans lesquels Verdi, maître de
l'écriture dramatique, cisèle davantage l'intensité et le souffle de
la trame psychologique, puisant toujours plus loin dans l'intrigue
émotionnelle. Drame bourgeois (raison pour laquelle la production
londonienne de 1993 situe l'action à l'époque de Verdi, costumes et
décors très "Second Empire", en particulier le salon de l'acte III),
surtout drame psychologique, Stiffelio développe une musique vive qui
serre le noeud sentimental pour mieux sculpter le relief des deux
protagonistes: le pasteur, sa femme. Stiffelio et Lina sont deux âmes
tranchées dans le métal le plus entier, le plus noble: le premier
dressé dans sa loi moralisatrice, champion de la vertu et de la
loyauté; la seconde, bien que toujours amoureuse de son époux, est
terrassée et rongée par le remord né d'une ancienne passion coupable.
Entre les soupçons du mari et la culpabilité de la jeune femme, Verdi
trouve un prétexte idéal à sa conception individuelle de l'action
théâtrale. Il aime toujours les scènes collectives brossant le
portrait de la communauté religieuse, protestante, dont Stiffelio est
le chef spirituel. Cet aspect redouble d'intensité lorsque le mari
découvre la vérité (scène du cimétière qui le voit s'écrouler sur la
scène, comme poignardé par la trahison de son épouse dont il avait
néanmoins l'intuition...). Saisi entre son honneur d'époux trompé et
l'esprit de la clémence et du pardon qui lui dicterait son état
d'homme de Dieu, Stiffelio reste écartelé... Le duo
Carreras/Malfitano se révèle excellent, offrant chair et larmes, sang
et sueur dans l'incarnation d'un couple théâtral qui exige intensité
et finesse. C'est moins l'abattage que la présence et la ligne vocale
des deux chanteurs qui écartent toute réserve: exaltation sans
débordement de Catherine Malfitano, nervosité affûtée voire hargneuse
du ténor espagnol qui abat ses cartes avec le tranchant d'un
couperet, l'oeuvre ne pouvait trouver meilleurs ambassadeurs, et
Verdi, d'interprètes plus engagés.

La confrontation des deux époux à l'acte III est l'acmé d'une
intrigue de plus en plus intense. Après la scène du cimetière (qui a
vu le duel entre Raffaelle et Stankar, interrompu par l'apparition de
Stiffelio), Verdi met en scène l'explication conjugale: Lina signe
l'acte qui rompt son mariage mais exige de l'homme d'église qu'il la
confesse pour entendre la vérité de ses sentiments pour lui. Toujours
amoureuse, elle reprend la main, de victime coupable à maîtresse de
son destin, l'épouse jugée dévoile une grandeur d'âme qui mérite la
clémence... Libérée par la confession, Lina attend le pardon qui lui
est finalement consenti dans la dernière scène... Ce tableau
s'impose: musicalement serré, scéniquement sobre et puissant, il
souligne la force expressive des deux chanteurs. Saluons Malfitano et
Carreras de respecter une scène théâtrale puissante qui est le coeur
émotionnel de tout l'édifice.

Autour d'eux, choeurs et rôles complémentaires dont Stankar, père de
Lina et vengeur de Stiffelio (puisqu'il tue l'amant infâme,
Raffaelle) relèvent tout autant le défi d'une oeuvre méconnue, qui
fut dès sa création à Trieste, le 16 novembre 1850, écartée et jugée
scandaleuse (un adultère dans une secte religieuse!)... Spectacle
théâtralement intense qui vaut surtout les meilleurs louanges pour le
couple Malfitano/Carreras. Incontournable.

Giuseppe Verdi (1813-1901): Stiffelio, opéra en trois actes. Créé à
Trieste, le 16 novembre 1850. Livret de Piave d'après Souvestre et
Bourgeois (Le Pasteur ou l'Evangile et le foyer, 1849). Avec
Catherine Malfitano (Lina), José Carreras (Stiffelio/Rodolfo),
Gregory Turisich (Stankar), Robin Leggate (Raffaelle)... Choeur et
orchestre du Royal Opera House de Covent Garden. Edward Downes,
direction. Elijah Moshinsky, mise en scène. Brian Large, réalisation





Dimanche 6. Juillet 2008  10:02

ghislaine79v
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Source :Classique News http://www.classiquenews.com/voir/lire_chronique_dvd.aspx?id=719 Texte : Tristan Montségur Date : 6 juillet 2008 Covent Garden, 1993:...
ghislaine79v
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6. Juillet 2008
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