Cher Jalal, chers amis,
Le choix de l'engagement politique n'est pas seulement une affaire
de vote, ou de l'échéance 2007. Aller voter est un acte citoyen
certes, mais l'engagement politique ne s'arrête pas là. Il s'agit
une continuité d'actions, d'échanges, et d'engagement…
Si je pars voter en 2007 (je ne suis pas encore sûr que ce sera le
cas pour plusieurs raisons), qu'est ce qui me garantis que ce parti
politique qui s'est bien maquillé pour me séduire et qui a fait son
show d'avant les élections (vous avez vu Ismail Alaoui « PPS » dansé
le Haidous au théâtre Med V?? ) , qu'est ce qui me garantis que ces
partis maintiendront le programme sur lequel j'ai voté une fois au
gouvernement.
Khalid El Jamai l'a bien dit au Ftour débat d'Al Akhawayn en
Ramadan « les partis te vendent des promesses, et après les
élections c'est ailleurs que la décision est prise ». Et le comble
est que les partis politiques sont prêts à tout pour un fauteuil
confortable quelque part à Rabat, ils sont prêts à toutes les
coalitions possibles et imaginables quand, un beau jour, on les
réunit pour un « briefing » leur demandant de faire un gouvernement
multicolore avec tel et tel programme. Ce que je dis là n'est pas
une rumeur ni des paroles des médias, ce sont des faits que même les
partis politiques admettent. Aujourd'hui, et heureusement
d'ailleurs, un seul programme social et économique fonctionne dans
ce pays, et vous savez bien lequel.
Je ne veux pas être pessimiste, mais aujourd'hui, si on me demande
pour qui je vais voter pour diriger le gouvernement si les élections
sont pour demain, je répondrais « pour le parti qui aura aux
élections comme signe le drapeau du Maroc »
Khalid Baddou
khalid_baddou@...
--- Dans 2007daba@..., "Jalal Charaf" <jalalcharaf@...>
a écrit :
>
> Bonjour à tous,
>
> Comme beaucoup de jeunes marocaines et marocains, et pendant
> longtemps, la politique et moi faisions deux. Après avoir fait mes
> études en France et aux USA, j'ai regagné le pays avec de très
bonnes
> résolutions. Mais comme beaucoup de ceux qui ont fait la même
chose,
> je fus heurté par le manque de sérieux dans le respect des règles
et
> lois de notre pays. Naturellement, je me livrais à un exercice
connu
> de la presque totalité des marocains, à savoir la comparaison avec
les
> pays avancés et ce qui s'en suit comme conclusions et critiques...
>
> Sans m'en rendre compte, et juste dans un souci de vouloir changer
un
> peu les choses, j'ai commencé à travailler dans le milieu
associatif.
> Je n'ai pas mis longtemps pour comprendre que je faisais de la
> politique ! Je la faisais mais je dénigrais en même temps tout le
> formalisme de la vie politique, notamment tout ce qui venait des
> partis politiques.
>
> Une petite expérience dans un parti qui a démarré en 2002 m'a
encore
> montré beaucoup de choses et j'ai surtout vu et compris que l'on
avait
> de tout, même des choses sérieuses et correctes chez des partis
> politiques.
>
> A travers l'observation, j'ai compris aussi que le Maroc était
engagé
> dans une voie démocratique avec un chemin transitoire
caractéristique
> d'une révolution douce. Je suis témoin que le Maroc bouge et j'en
suis
> ravi. Mais alors, que faisons-nous, les uns et les autres, pour
aider
> dans cette transition ? De quels changements (positifs) sommes-
nous,
> chacun à son niveau, responsables ?
>
> Je fais partie de ceux qui croient que les grands changements qui
ont
> le maximum d'impact ne peuvent venir que du pouvoir politique.
> J'essaie de me convaincre tous les jours que ce pouvoir, nous,
> citoyens, pouvons le détenir par l'action politique qui peut
prendre
> plusieurs formes. La forme la plus élémentaire de l'engagement
> politique est le vote.
>
> Si on n'est pas d'accord avec mes propos, quelle est
l'alternative ?
> Avons-nous vraiment le choix de rester à critiquer ou regarder
> passivement notre pays évoluer à un rythme qu'on aimerait bien
> maitriser ? Nous, les jeunes qui avons eu la chance d'étudier et de
> prendre conscience de la nécessité de faire avancer le pays dans un
> monde globalisé, avons-nous le choix de ne pas nous engager ? Ces
> questions me rappellent la fameuse question que John Kennedy posait
> aux jeunes américains en leur demandant ce qu'ils avaient fait pour
> leur pays au lieu de se demander ce que le pays avait fait pour
eux.
>
> Je serais vraiment très intéressé par une ou plusieurs personnes
qui a
> un autre avis sur la question. J'attends vos réactions pour
débattre
> d'une question élémentaire et peut-être compliquée en même temps.
>
> Jalal
>