Merci beaucoup
Bonne et heureuse année 2008 à toutes et tous et surtout une bonne santé,
car quand la santé va tout va !
Bonne journée
Sandy
_____
De : cuisine@... [mailto:cuisine@...] De la part de
Robert Jeanine
Envoyé : lundi 31 décembre 2007 20:26
À : cuisine@...
Objet : [cuisine] bonne année
A TOUS ET A TOUTES
UNE TRES BONNE ANNEE
ET UNE BONNE SANTE
POUR 2008
JEANINE
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supprimées]
<http://www.incredimail.com/index.asp?id=812&lang=12>
[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul ont été
supprimées]
Crumpets..
c'est encore plus primitif que les muffins.
pour 20 pièces.
460 gr de farine 45.
5 gr de crème d de tartre sous produit du vin....comme de la levure chimique.et
5 de bicarbonate.
15 gr de levure de boulanger.
1/2 litre d'eu tiède et 150 cl de lait.
Comme du pain, mais la levée se fait en deux fois. la première sans le lait et
sans le bicarbonate. Donc une pâte assez sèche. Il faut laisser retomber la
première levée.
On obtient un pâte assez liquide.
Cuire dans une poêle noire en fonte. En versant la pâte dans des cercle de
pâtissier de 7 à 8 cm de diamètre. Dès qu'un peu cuit retirer le cercle. Il doit
se former des trous...si non c'est que la pâte est trop dure..ajouter du lait.Le
dessous doit êtres bien cuite, le dessus avec les trou juste coloré.
pour servir, griller beurré et ajouter des tas de choses: fromages, anchois,
miel, érable..du vrai..
amitiés
jacques
[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul ont été
supprimées]
Je vous ai donné la recette d'origine mais actuellement on peut faire autrement.
Mettre de la levure chimique.
Les montées ne sont plus nécessaires.
On peut ajouter, oeufs, beurre, chocolat, ....et bien d'autres choses dans la
pâte ou fourrés. confitures, fruits..etc etc..
cuire au four à 210 °c dans des moules en papier ou autres.Remplir les moules au
3/4.
Durée à voir environ 20 minutes...vérifier la couleur et la cuisson à l'écho.
amitiés
jacques
[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul ont été
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Muffins.
pour 8 pièces.
450 gr de farine 55.( pour bien faire 1/2.1/2 : 55 et 45) finesse
15 gr de levure de boulanger.
une pincée de sel et une de sucre.
370 cl de liquide ( 1/3 lait, 2/3 eau).
faire comme avec un pain..mais laisser la pâte un peu plus collante.( donc une
double montée)
Laisser monter une troisième fois en forme( en 8 petits cylindres) entre deux
plaque à pâtisserie avec de la crème de riz ou autre..pour que cela n'adhère pas
lol .
Cuire dans une poêle , environ 12 minutes de chaque côté. Voir la couleur et
l'état du côté. ok chauffer doucement pour commencer.
Pour servir couper en deux dans le sens horizontal, faite griller et puis
beurrer abondamment.
amitiés
jacques
Nb : d'origine anglaise ,lol !
[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul ont été
supprimées]
Ma chère Marguerite Dugas de Québec
Je me permet d'emprunter tes souhaits, parce que je trouve qu'ils expriment
très bien ce que je pense, alors:
À tous les co-listiers, je souhaite une Bonne et Heureuse Année, Année de
Paix,d'Amour et de Santé à Toutes et à Tous.
Normand dit FRENO
_________________________________________________________________
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Version: 0.0.516 / Virus Database: 269.17.11/1201 - Release Date:
2007-12-28 11:51
Bonne année à toutes et tous.
Que 2008 satisfasse à "un " de vos rêves.....je ne vous direz pas celui que je
préfère, lol !
amitié
Jacques
[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul ont été
supprimées]
Merci Jeanine
Bonne et heureuse année 2008 à tous et à toutes et tout plein de bonnes choses,
pas forcément à manger, hein :-)
Chantal, épouse d'Arthur et maman de Sergeï (19), Aymeric (14) et Maeva (12)
----- Original Message -----
From: Robert Jeanine
To: cuisine@...
Sent: Monday, December 31, 2007 8:25 PM
Subject: [cuisine] bonne année
A TOUS ET A TOUTES
UNE TRES BONNE ANNEE
ET UNE BONNE SANTE
POUR 2008
JEANINE
[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul ont été
supprimées]
[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul ont été
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À tous les co-listiers, je souhaite une Bonne et Heureuse Année, Année de
Paix,d'Amour et de Santé à Toutes et à Tous.
Marguerite Dugas de Québec
_________________________________________________________________
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[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul ont été
supprimées]
A toi aussi Jeanine, une très bonne année et à tous les membres de la
liste.
Pierrette
Le 07-12-31, à 14:25, Robert Jeanine a écrit :
> A TOUS ET A TOUTES
> UNE TRES BONNE ANNEE
> ET UNE BONNE SANTE
> POUR 2008
> JEANINE
A TOUS ET A TOUTES
UNE TRES BONNE ANNEE
ET UNE BONNE SANTE
POUR 2008
JEANINE
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supprimées]
Crème de ricotta au citron vert
Pour 4 personnes
Préparation : 15 mn
Cuisson : 5 mn
Réfrigération : 6 h 30 mn
Ingrédients :
250 g de ricotta
3 citrons verts
130 g de sucre en poudre
6 g de gélatine en feuilles
20 cl de crème fouettée
Préparation :
1 . Plonger la gélatine 10 mn dans de l'eau froide , méalnger la ricotta , 80 g
de sucre, le jus de deux citrons verts et une cuillerée de zeste râpé.
Essorer la gélatine, la faire fondre dans deux cuillerées d'eau chaude ,
l'incorporer à la ricotta et mettre 30 mn au réfrigérateur .
2 . Incorporer la crème fouettée dans la ricotta . Répartir dans 4 ramequins et
placer 6 h au frais .Porter à ébullition 10 cl d'eau avec le reste de sucre et
le jus du dernier citron vert .Faire bouillir 2 mn .
Laisser refroidir, démouler les crèmes sur des assiettes , les napper de sirop
et servir.
Régal de Saison !
[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul ont été
supprimées]
Pour les madeleines,
Il faut évidemment un moule à madeleines.( il faut le beurrer).
pour 20 pièces.
125 gr de farine, 125 gr de sucre S0, 1 citron, 4 oeufs, 100 gr de beurre.
1) Récupérer des zestes ( 6) les blanchir.
2) Mélanger les zestes, le sucre et 3 oeufs entiers, blanchir le tout . Donc
mélanger très bien jusqu'à ce que le mélange blanchisse. ( donc en force) C'est
ici que l'on crée le fait de la levée.
3) Ajouter le jaune du 4 ème oeuf.Mélanger délicatement
4) Incorporer le beurre juste fondu. Y aller avec douceur et mélanger avec art
Tout le beurre doit être absorbé.
5) Remplir les moules au 3/4....laisser au four à 180 °C , 25 minutes surveiller
la coloration dès que bonne....défourner.
Laisser refroidir sur une grille.
Donc relativement facile. Ce sont les blancs bien travailler..même un peu battu
qui donne la levée.
Amitiés.
Bonne fête de fin d'année,
Jacques
[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul ont été
supprimées]
J'ai des fichiers .doc pour les brunchs et petits déjeuners. Les veux-tu
? Je peux te les envoyer compressés.
Josée
Ahmed AMIRA a écrit :
>
>
> Bonjour,
>
> Je suis à la recherche de ces recettes :
>
> - brioches
>
> - madeleines,
>
> - muffins
>
> - crumpets
>
> - pancakes
>
> Avez des idées original pour des formules petit dej
>
> Merci infiniment & bonne année 2008
>
> AMIRA
>
> [Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul ont
> été supprimées]
>
>
Pour une grosse brioche: 500 gr de farine, 300 gr de beurre très frais et mou, 6
oeufs battus, 15 gr de levure fraîche de boulanger, 10 cl de lait tiède, 30 gr
de sucre S0.une pincé de sel Un moule à brioche.
La quantité de beurre peu varier, c'est en fonction de la capacité de la farine
à absorber le beurre, bien faire attention !
Dans le malaxeur, mettre le lait tiède avec la levure et mélanger délicatement
avec une fourchette.Laisser prendre 10 minutes.
Ajouter la farine et les oeufs entiers. Laisser malaxer lentement. Regardez la
qualité du mélange. La boule doit se détacher du bord. Si trop collante ajouter
de la farine, si trop sèche ajouter du lait.Travailler le beurre et le sucre.
Ajouter par quantité d'environ 50 gr.....A chaque fois assurez-vous que la pâte
a absorbé le beurre. Si pas...arrêter le beurre. laissez encore tourner 5
minutes.
Couvrez d'un linge humide et laisser doubler de volume...environ..2 heures.
Retravailler la pâte en l'écrasant avec douceur. Mettre la pâte à lever au frigo
à 4°C durant 12 à 24 heures.
Retravailler la pâte. Divisez en 1/3 et 2/3.
Avec 1/3 faire un tore qui s'ajuste dans le fond du moule.
Avec 2/3 faire un ballon de rugby et déposer la pointe au centre du tore.
Laisser monter. Badigeonner de lait avec un oeuf entier pour colorer la surface.
Pas en mettre avant..ça lève mal.
Donner des coups de ciseaux mouillés tout autour pour faire beau. Tous les 5
cm.Suivant les formes du moule.
Mettre au four..à 220 °C durant 40 minutes.elle doit sonner creux....lol.
Jacques
http://gastronomades.canalblog.com/albums/pain__brioche_et_compagnie/photos/2797\
765-01_brioche_096.html
Je vous donne la vrai, lol ! mais d'autre formes sont possible suivant votre
imagination. Ce qui compte c'est les trois levées pour faire la finesse.
Et surtout bien ajouter le beurre lentement et ni trop, ni trop peu....je dirais
plutôt trop peu car après c'est gras et ça colle.
[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul ont été
supprimées]
Bonjour,
Je suis à la recherche de ces recettes :
- brioches
- madeleines,
- muffins
- crumpets
- pancakes
Avez des idées original pour des formules petit dej
Merci infiniment & bonne année 2008
AMIRA
[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul ont été
supprimées]
Crème de châtaignes à la ricotta
Recette pour quatre personnes
1 blanc de poireaux émincé
2 gousses d'ail hachées
15 ml de gingembre râpé
45 ml de beurre
250 g de châtaignes cuites sous vide
1 litre de bouillon de volaille
15 ml de feuilles de coriandre hachées
60 ml de fromage ricotta
Sel et poivre au goût
Dans une casserole, faites tomber le blanc de poireau avec le beurre.
Après trois minutes, ajoutez l'ail haché.
Versez les châtaignes déjà cuites et ajoutez le bouillon de volaille et
le gingembre, puis assaisonnez et laissez mijoter pendant huit minutes.
Passez au robot avec le bouillon et ajoutez le fromage ricotta. Terminez
en service en ajoutant les feuilles de coriandre hachées.
Note: les châtaignes utilisées peuvent aussi être fraîches, donc cuites
au préalable. Dans un tel cas, prévoyez environ 600 grammes.
via Josée
Une petite pause... et c'est reparti!
Avant une nouvelle attaque en règle, une petite accalmie pour votre
foie? Après la bûche de Noël, les tourtières et le sucre à la crème, il
faudrait quand même songer à faire une pause en vue du 31 décembre...
Les Asiatiques ont cette sagesse confucéenne qui permet à l'esprit et au
corps, malgré de longs repas souvent très variés, de mieux assimiler
toute cette nourriture, aussi abondante soit-elle. Tout est basé sur le
yin et le yang. Après de tels abus de nourriture pendant les Fêtes, on
s'en remet à ce qu'on appelle les bons vieux remèdes de nos
grands-mères, qui consistent à reposer l'estomac de plusieurs façons.
Les bouillons et les consommés sont préparés avant tout avec des légumes
et en excluant volontairement les cartilages de requin, des morceaux
gélatineux riches en protéines. On utilise la queue de bœuf et les os de
volaille, par exemple, qui répondent parfaitement aux exigences de la
situation. Pour la suite, le riz demeure l'aliment dont personne ne peut
se passer en Asie. Dans un tel cas, il est toujours consommé le plus
simplement du monde, soit cuit à la vapeur.
Si les Asiatiques sont de grands amateurs de sucreries, ils les
consomment surtout à des moments choisis comme le Nouvel An chinois,
mais souvent, ils jumellent aussi le sucré et le salé, même dans les
desserts.
On ne peut pas faire abstraction d'une grande consommation de produits
marins et de légumes, notamment plusieurs variétés de chou. Par contre,
on exclut presque entièrement les produits laitiers en sauce ou en friture.
Cette médecine du corps, nous pouvons nous-mêmes l'appliquer sans trop
de problèmes afin d'éviter un engorgement rapide du foie. Pour avoir du
plaisir au Nouvel An, voici quelques trucs simples et efficaces qui ont
prouvé leur efficacité depuis longtemps.
- Les soupes réparatrices à base de légumes verts: utilisez les
poireaux, le cresson, le chou, avec un bouillon de volaille ou de l'eau.
Cette recette s'applique aussi aux soupes-repas comme la tonkinoise et
la harira, à base de légumineuses ou de lentilles, sans oublier la bonne
soupe aux pois traditionnelle. Essayez-les avec du citron et des dattes.
- Pour un repos de l'estomac et du foie, évitez les acides et les gras
ainsi que l'alcool pendant quelques jours. Les pâtes peuvent cependant
se servir plus facilement avec une sauce tomate aux fines herbes qu'avec
une sauce à la crème. Optez pour les viandes blanches comme le veau et
le porc -- qui n'est plus gras de nos jours --, voire la volaille si
vous n'en êtes pas saturé.
- Le poisson, notamment poché, demeure une excellente option lors d'une
diète du foie. Impossible de passer outre aux fruits de saison que sont
les oranges, les clémentines, les pommes et les poires ainsi que la
canneberge sous forme de jus.
Les ingrédients oubliés
Pendant le temps des Fêtes, certains ingrédients bénéfiques sont
oubliés. Dommage, car ils apportent non seulement de la couleur dans
l'assiette mais aussi du goût et de la santé: le poivron rouge, la
tomate séchée, le céleri-rave -- trop peu utilisé et délicieux en purée
--, l'artichaut émincé et la poire, un fruit sous-utilisé et délicieux
avec les fromages bleus. Il n'en demeure pas moins évident que durant
cette période de réjouissances, notre système subit de nombreuses
agressions et que la meilleure façon de lutter contre certains problèmes
est de bénéficier d'un bon système immunitaire et de le renforcer.
Les probiotiques, largement disponibles sur le marché, sont un moyen
facile pour ce faire. On les retrouve au rayon des produits laitiers
dans tous les supermarchés.
Ces petits trucs tout simples devraient vous permettre de bien commencer
la nouvelle année 2008 sans crise de foie ni maux de tête carabinés et,
surtout, sans les promesses qu'on ne tient jamais, du genre: «C'est la
dernière fois que je bois autant!»
Sur ce, joyeux réveillon et bonne année!
via Josée
Tarte aux fruits de l'an neuf
A l'avance
Pour 6 personnes
Préparation : 15 mn
Cuisson : 35 mn
Ingrédients :
la pâte :
120 g de farine
60 g de sucre
60 g de noix de coco râpée
120 g de beurre mou
la crème :
2 citrons
150 g de sucre
30 g de farine
1 cuil. à café rase de levure chimique
2 oeufs , 20 g de beurre
la garniture :
fruits aux choix : raisins , litchis, mandarines, grenade .
Préparation :
1 . La pâte ; préchauffer le four th 6 à 180 °C .
dans un saladier, fouetter le beurre avec le sucre , ajouter la noix de coco et
la farine . Presser la pâte sur le fond et les côtés d'un moule à tarte
antiadhésif.
Cuire au four 15 mn.
2 . La crème : Dans un récipient , fouetter les oeufs et le sucre, incorporer la
farine, la levure et une pincée de sel, ajouter le jus et le zeste des citrons
et le beurre fondu.
Verser sur la croûte précuite et enfourner pendant environ 20 mn .
laisser refroidir, puis garnir des fruits choisis et éventuellement de quelques
cerneaux de noix .
Pour 12 personnes : Préparer deux tartes dans deux moules c'est bien plus
facile, on peut varier les fruits sur chacune .
Régals de Saisons !
[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul ont été
supprimées]
L ' HIVER
Une nuit, la terre s'est endormie,
Sous un manteau de neige tombée à gros flocons :
Prés, chemins, maisons... sont blanchis
D'un grand tapis moelleux qui s'étend jusqu'aux monts.
Tous les canaux sont pris de glace
Et les enfants joyeux se mettent à patiner.
Parfois on aperçoit des traces
Creusées dans la neige fraîche : des pas de sangliers,
De leur excellent odorat
Sous la neige épaisse, ils cherchent avec leur groin
Châtaignes et glands, rien n'échappera...
Car en janvier : la laie met bas ses marcassins.
Jamais elle ne s'éloigne et veille
Sur son nid de branches, caché, appelé chaudron,
Là ses "petits rayés " sommeillent,
Blottis l'un contre l'autre, attendant les mamelons.
Certains chevreuils tentent une sortie
Pour glaner dans les champs les restes des cultures,
Et l'on entend au loin glapir
Un couple de renards, insouciants dans leur rut.
Essoufflés d'avoir tant couru,
Les gosses rentrent à la maison près du feu de bois.
Le soir, ils s'amusent les doigts nus,
Sur les vitres givrées, à pousser les étoiles.
[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul ont été
supprimées]
Les fleurs
Des avalanches d'or du vieil azur, au jour
Premier et de la neige éternelle des astres
Jadis tu détachas les grands calices pour
La terre jeune encore et vierge de désastres,
Le glaïeul fauve, avec les cygnes au col fin,
Et ce divin laurier des âmes exilées
Vermeil comme le pur orteil du séraphin
Que rougit la pudeur des aurores foulées,
L'hyacinthe, le myrte à l'adorable éclair
Et, pareille à la chair de la femme, la rose
Cruelle, Hérodiade en fleur du jardin clair,
Celle qu'un sang farouche et radieux arrose !
Et tu fis la blancheur sanglotante des lys
Qui roulant sur des mers de soupirs qu'elle effleure
A travers l'encens bleu des horizons pâlis
Monte rêveusement vers la lune qui pleure !
Hosannah sur le cistre et dans les encensoirs,
Notre Dame, hosannah du jardin de nos limbes !
Et finisse l'écho par les célestes soirs,
Extase des regards, scintillement des nimbes !
Ô Mère qui créas en ton sein juste et fort,
Calices balançant la future fiole,
De grandes fleurs avec la balsamique Mort
Pour le poète las que la vie étiole.
Stéphane MALLARME
[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul ont été
supprimées]
Salade de foie gras et Saint-Jacques
En déco, fines herbes et groseilles soulignent la fraîcheur de cette salade !
Pour 6 personnes
Préparation : 20 mn
Cuisson : 15 mn
Marinade : 1 h
Ingrédients:
6 belles noix de Saint-Jacques
200 g de foie gras mit-cuit
6 fonds d'artichauts surgelés
100 g de groseilles surgelées
2 pommes golden
1 citron
12 brins de ciboulette
150 g de pousses d'épinards
1 cuil. à café de baies roses écrasées
6 cuil. à soupe d'huile de noisette
3 cuil. à soupe de vinaigre de cidre
sel et poivre du moulin.
Préparation :
1 . Couper les Saint-Jacques en deux dans l'épaisseur , les placer dans un
saladier avec du sel, poivre et baies roses , arroser d'une cuil .à soupe
d'huile .
Couvrir d'un film et placer 1 h au frais .
2 . Détailler le foie gras en gros copeaux . Cuire les fonds d'artichauts 15 mn
à l'eau bouillante salée, les égoutter et les couper en fines tranches.
Eplucher et tailler les pommes en lamelles, les arroser de jus de citron.
3 . Préparer la vinaigrette avec l'huile, sel , poivre , en assaisonner les
épinards avec les deux tiers .
Sur les assiettes, disposer les épinards, les pommes, les Saint-Jacques et le
foie gras . Arroser de la vinaigrette restante.
Décorer de ciboulette et groseilles , puis servir.
Vin : Un Jurançon sec
Recevoir en Fêtes à Noël et au Nouvel an !!
[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul ont été
supprimées]
Bûche au chocola-menthe et Tagada
Pour 6 personnes
Préparation : 50 mn
Réfrigération : 3 h
Cuisson : 20 mn
Ingrédients :
300 g de chocolat noir
100 g de farine
4 oeufs
10 cl de lait
30 cl de crème liquide
25 g de beurre fondu
100 g de sucre en poudre
10 brins de menthe
2 cuil. à soupe de miel
10 cl de Get 27 ( liqueur )
12 macarons verts ( frais ou surgelés )
12 fraises Tagada
Préparation :
1 . Chauffer le four th 7 à 210°C .
battre les blancs d'oeufs en neige ferme avec une pincée de sel .
Fouetter les jaunes avec le sucre, ajouter la farine et mélanger .
Incorporer un tiers de neige ferme et le beurre fondu puis le reste de neige.
Etaler sur la plaque du four recouverte de papier sulfurisé, et cuire au four 8
à 10 mn pour un biscuit blond.
2 . Le retourner sur un torchon humide, décoller le papier.
Avec un pinceau, imbiber le biscuit de liqueur, mélangée avec 15 cl d'eau .
Rouler le gâteau dans son torchon.
Dans une caserole , porter à ébullition la crème et le lait avec les feuilles de
menthe.
Laisser infuser 10 mn hors du feu , refaire bouillir , puis filtrer et verser le
chocolat concassé, fouetter pour lisser.
3 . Dérouler le biscuit froid et le garnir des trois quarts de la ganache.
Rouler le biscuit puis le serrer dans un film et le placer au 2 h au frais.
Retirer le film, retailler les extrémités de la bûche et la recouvrir du reste
de ganache.
Décorer de macarons et de fraises Tagada.
Réserver 1 h au frais avant de servir .
Corser la ganache avec 2 gouttes d'huile essentielle de menthe ( en pharmacie ).
Vin : Un Maury .
Recevoir en Fêtes à Noël et au Nouvel an !!
[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul ont été
supprimées]
Puisqu'on est parti pour la bonne bouffe canayenne, en v'là une autre !
Pain aux noix
Préparation 15 minutes Cuisson 35 minutes
1 pain
Nous connaissons la place prépondérante qui fut traditionnellement
accordée au pain dans le régime alimentaire des Canadiens français. Le
pain aux noix est une délicieuse variété de pain, que l'on consomme
aussi bien au déjeuner, comme dessert après un bon dîner, ou encore à
l'heure de la collation avec du thé. Mais quel que soit le moment
choisi, une tranche de ce quasi-gâteau a bien meilleur goût avec du
beurre frais sortant tout juste de la laiterie. À l'époque de la
fabrication artisanale des produits laitiers, il fallait avoir le geste
sûr si l'on voulait obtenir un produit de qualité. On se devait donc de
connaître les petits trucs du métier car, comme l'indiquait un
connaisseur dans le "Canadien" du 6 mars 1822 : "... si la crème est
battue d'une manière irrégulière, le beurre deviendra en lait en hiver,
et si le battement est trop prompt et trop violent en été, le beurre
fermentera, et prendra une saveur très désagréable [...] La crème ne
devrait jamais être battue dans l'été au milieu du jour, mais seulement
le matin de bonne heure, ou le soir tard." Peut-être connaissez-vous une
ferme où l'on fabrique du beurre? Apportez-y votre pain aux noix et
troquez-en quelques tranches contre un bon morceau de beurre. Ce petit
marché fera le bonheur des deux parties.
500 ml (2 tasses) de farine à pâtisserie
2 ml (½ c. à thé) de sel
10 ml (2 c. à thé) de levure chimique
125 ml (½ tasse) de sucre
125 ml (½ tasse) de noix de Grenoble hachées
1 oeuf
250 ml (1 tasse) de lait
Tamiser ensemble la farine, le sel et la levure chimique.
Ajouter le sucre et les noix. Battre l'oeuf et ajouter le lait.
Incorporer au premier mélange et battre jusqu'à consistance lisse.
Verser dans un moule à pain de 1,5 litre (6 tasses) bien beurré. Laisser
reposer pendant 30 minutes.
Cuire au four à 180°C (350°F) de 30 à 35 minutes. Laisser refroidir
avant de trancher.
Et puis, pour terminer, une chronique où Rima Elkouri, chroniqueure à
La Presse, parle de « son » pouding chômeur, parle aussi des «
accomodements — vaguement — raisonnables » dont on parle beaucoup,
depuis quelques mois, au Québec...
Philippe
Pouding chômeur
Rima Elkouri
La Presse — Le samedi 27 octobre 2007
« Qu'est-ce que tu fais ? » m'a demandé mon Jules l'autre soir.
- Du pouding chômeur, pourquoi ?
- Parce qu'il y a de la fumée qui sort du four... »
Le temps de le dire, la maison était emboucanée. Il y avait des
flammes autour de mon premier pouding chômeur.
Ça sentait bon. Une odeur sucrée réconfortante. Je recommande à tout
le monde de brûler son pouding chômeur un dimanche soir d'automne.
Je raconte ça parce que plusieurs lecteurs m'ont interrogée sur mon
fameux pouding après une chronique sur le « Nous » où il en a été
brièvement question. Mis à part le fait que la maison a failli passer
au feu, c'était un vrai délice, rassurez-vous.
J'ai reçu quelque 300 lettres à la suite de cette chronique qui
s'interrogeait sur les critères d'admission au « Nous ». Ça venait de
partout. Des « Nous » mous, des « néo-Nous », des « ex-Nous », des «
Wannabe Nous », des « s'en-fout-du-Nous ». Des « Eux » aussi qui ont
renoncé au « Nous », d'autres qui disent qu'il n'en tient qu'à nous,
enfin à eux, enfin, vous voyez ce que je veux dire.
Des lettres intelligentes pour la plupart. Quelques chahuts, bien
sûr, sinon ce serait inquiétant. Quelques félicitations aussi parfois
plus troublantes que les chahuts (désolée de vous décevoir, mais je
ne suis pas de ceux qui croient que le PQ est un parti d'extrême-
droite-fasciste-raciste-xénophobe).
« J'ai des amis musulmans, juifs, noirs et asiatiques pis y'en a pas
un esti qui me dérange avec sa religion ou ses coutumes. Je ne suis
peut-être pas normal », s'inquiète un lecteur.
« J'ai de bonnes relations avec mes voisins québécois de souche, avec
mes collègues au travail, même celle qui est lesbienne », m'écrit une
lectrice musulmane.
Pourquoi ne pas changer votre nom pour Marie Courriel ? suggère un
autre lecteur qui veut me permettre d'obtenir rapidement ma carte de
membre du « Nous ».
« Je suis professeure de français en deuxième secondaire et j'ai eu
100% en grammaire au test de français de ma commission scolaire. Si
mes élèves ne réussissent pas cette année, qui sera responsable ? »
me dit une lectrice outrée par mes propos sur la piètre qualité de la
langue enseignée dans nos écoles. Qui ? Un système qui dévalorise la
profession d'enseignant et fait en sorte qu'elle attire une minorité
de gens qualifiés comme vous.
Après avoir cliqué sur la 279e lettre, j'ai eu une pensée pour MM.
Bouchard et Taylor. C'est un puits sans fond, cette histoire. Un
pouding chômeur qui déborde et qui laisse le fond du four tout collant.
Pour revenir à ce pouding, à ma grande surprise, certains des
commentaires les plus enflammés ne concernaient pas tant le « Nous »
que ce dessert né d'une crise économique. En tant qu'aspirante au «
Nous », je mentionnais avoir tenté la chose en y mettant beaucoup de
sirop d'érable. Je demandais si ça me rendait éligible à des points «
AéroNous ». Sans le savoir, je m'aventurais en terrain glissant.
« Un vrai pouding chômeur pour NOUS c'est fait avec de la cassonade.
À la limite, on peut y mettre un peu de lait Carnation. Avec du sirop
d'érable, c'est un faux pouding de faux chômeur. Trop riche, et
surtout trop fédéraliste », m'écrit un lecteur. Merci monsieur de
m'éclairer.
Après le débat sur le lard dans les fèves au lard, le temps est venu
de se pencher sur la nature véritable du pouding chômeur. Son
authenticité, sa valeur, son histoire. Quel pouding chômeur voulons-
nous pour notre société ? Avec ou sans sirop d'érable ? Pas cher,
cascher ou halal ? À partir de quelle limite le pouding cesse-t-il de
chômer ? Surveillez ça. Il y aura sans doute des audiences, des
forums, des émissions spéciales. Un rapport devra être remis au
premier ministre au printemps prochain.
En attendant la Commission sur le pouding chômeur, des lecteurs y
vont de leurs conseils contradictoires. « Ne mettez pas trop de sirop
d'érable dans votre pouding chômeur. Le sirop d'érable, c'est comme
les commissions, trop c'est comme pas assez ! » me dit l'un. «
N'oubliez pas de doubler votre recette de sirop, car il en manque
toujours pour le dernier morceau », me dit l'autre. « Ne mettez pas
trop de sirop d'érable, ça fait pas de beaux coins », observe un
troisième. « Faites attention au pouding chômeur, c'est dangereux
pour le diabète », m'avertit un militant anti-pouding.
Et finalement, après tout ça, le lecteur numéro 284 qui me demande
tout bonnement de lui livrer « ma » recette, sans se douter qu'il y a
tempête dans le plat de pouding.
Je peux juste vous parler du pouding inflammable, parce que c'est ma
spécialité. Ce n'est pas « ma » recette, mais certainement la
meilleure. C'est la recette de Caroline Dumas, du resto Soupe Soup,
où on ne fait pas que de la bonne soupe. Page 145 du livre du chef
Martin Picard.
Alors voici: mélanger au malaxeur 160 g de beurre et 200 g de sucre.
Ajouter deux oeufs. Lorsque les ingrédients sont amalgamés,
incorporer 280 g de farine et 5 g de poudre à pâte. Réfriger au moins
24 heures. Dans une casserole, amener 500 ml de crème et autant de
sirop d'érable à ébullition. Réserver. Déposer la pâte dans un plat
de cuisson de taille adéquate. Recouvrir de sirop d'érable et de
crème. Cuire au four à 450 ºF de 15 à 20 minutes, jusqu'à ce que le
pouding ait une belle coloration dorée.
Il vous reste maintenant à juger ce qu'est un plat de taille «
adéquate ». J'ai manqué mon coup, en choisissant un plat trop petit.
Avec la chaleur, le sirop et la crème ont débordé, d'où la fumée, les
flammes, l'opération de sauvetage d'urgence et le Jules à quatre
pattes avec son scraper pour gratter le fond du four pendant une demi-
heure. Sur ce, bon week-end.
[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul ont été
supprimées]
Et puis, après le « Pâté chinois », le « Pouding chômeur », deux
recettes tirées des mêmes bouquins.
Philippe
Pouding chômeur
2 cuillers à soupe de graisse végétale ou beurre
1/4 de tasse de sirop de maïs
1 œuf
1 tasse de farine tout usage
3/4 de cuiller à thé de poudre à pâte
1/4 de cuiller à thé de sel
1/4 de tasse de lait
1 cuiller à thé de vanille
1/4 de cuiller à thé de muscade
1 tasse de cassonade
1 1/2 tasse de crème sûre ou de lait frais coupé d'eau
Fouetter la graisse végétale, le sirop de maïs et l'œuf jusqu'à ce
que le mélange soit en mousse légère.
Tamiser la farine avec la poudre à pâte et le sel.
Incorporer la farine au mélange en crème, en alternant avec le lait
parfumé de vanille et de muscade.
Verser la pâte, plutôt lourde, dans un plat à pouding beurré.
Délayer la cassonade dans la crème sûre ou le lait coupé d'eau et
couvrir la pâte de ce sirop. Laisserr cuire pendant 55 minutes dans
un four à 375 °F.
La nouvelle encyclopédie de la cuisine — Madame Jehane Benoît — 1975
Pouding au chômeur
(Recette double)*
Écraser avec une fourchette gros comme un jaune d'œuf de beurre avec
une quantité un peu plus grande de graisse. Ajouter une tasse de
sucre, deux tasses de farine tamisée avec 2 1/2 cuillers à thé de
poudre à pâte et 1/4 de cuiller à thé de sel, en alternant avec une
tasse de lait.
Sauce : 3 tasses de cassonade, 2 cuillers à soupe de farine, 3 tasses
d'eau bouillante. Bien mélanger et les déposer dans un plat graissé
allant au four. Verser sur ce mélange la pâte. Cuire à 325 °F,
pendant 40 minutes au maximum.
* Pour les familles où il y a beaucoup de monde en chômage.
Pouding chômeur
(Petite recette)
1 cuiller à table de beurre
1/2 tasse de sucre blanc
1 tasse de farine
1 1/2 cuiller à thé de poudre à pâte
Une pincée de sel
3/4 de tasse de lait
Écraser le beurre avec une fourchette et bien y incorporer le sucre.
Bien mêler la farine, la poudre à pâte et le sel et incorporer au
mélange de sucre en alternant avec le lait.
Sauce
1 1/4 tasse d'eau
1 1/2 tasse de cassonade
1 cuiller à table de beurre
Chauffer le tout. Mettre la sauce dans le fond d'un moule à pain
graissé. Verser la pâte dessus et cuire à 325 °F pendant 25 minutes.
Recettes pour grévistes et chômeurs — Ingrid Saumart et Louise
Cousineau
La croisade des enfants
Jacques Higelin
Pourra-t-on un jour vivre sur la terre
Sans colère, sans mépris
Sans chercher ailleurs
Qu'au fond de son coeur
La réponse au mystère de la vie
Dans le ventre de l'univers
Des milliards d'étoiles
Naissent et meurent à chaque instant
Où l'homme apprend la guerre à ses enfants
J'suis trop petit pour me prendre au sérieux
Trop sérieux pour faire le jeu des grands
Assez grand pour affronter la vie
Trop petit pour être malheureux
Verra-t-on enfin les êtres humains
Rire aux larmes de leurs peurs
Enterrer les armes, écouter leur coeur
Qui se bat, qui se bat pour la vie
Dans le ventre de l'univers
Des milliards d'étoiles
Naissent et meurent à chaque instant
Où l'homme apprend la guerre à ses enfants
J'suis trop petit pour me prendre au sérieux
Trop sérieux pour faire le jeu des grands
Assez grand pour affronter la vie
Trop petit pour être malheureux
Trop petit pour les grands
Assez grand pour la vie...
[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul ont été
supprimées]
Puisque l'on parle des recettes emblématiques du Québec, voici
d'abord le plat de résistance, avec deux recettes tirées, la
première, d'un bouquin qui se trouve probablement, et plus ou moins
déglingué selon qu'on en a plus ou moins usé, dans chacune des
cuisines du Québec, la seconde, d'un petit recueil de recettes que
les grévistes de La Presse publièrent lors d'une grève, c'était il y
a bien longtemps déjà, j'y étais à peine...
Et, pour ajouter à la trentaine de centimètres de neige qui tomba
l'autre lundi, fermant les écoles, une autre qui depuis ce matin
tombe gaiement afin de nous faire un décor de Noël, un vrai, tout
blanc !
Philippe
Pâté chinois
1 à 2 tasses de restes de bœuf cuit, haché, ou 1 lb de bœuf haché
3 cuillers à soupe de gras de viande
2 gros oignons, émincés
1/2 cuiller à thé de sarriette
Sel et poivre, au goût
1 boîte de blé d'Inde en crème
4 tasses de pommes de terre cuites, en purée
Faire fondre le gras, y faire dorer l'oignon à feu vif. Ajouter la
viande cuite ou crue, la sarriette, le sel et le poivre. Bien remuer
le tout à feu moyen, pendant 3 ou 4 minutes.
Mettre dans un plat à cuisson. Verser le blé d'Inde sur la viande et
recouvrir le tout avec les pommes de terre en purée sans lait. Si
désiré, on peut leur ajouter un petit morceau de beurre. Lisser le
dessus des pommes de terre avec un couteau, y faire quelques jolis
dessins et parsemer de petits dés de beurre. Faire cuire de 15 à 20
minutes dans un four à 375 °F.
La nouvelle encyclopédie de la cuisine — Madame Jehane Benoît — 1975
Pâté chinois
1 1/2 lb de pommes de terre
1 lb de steak haché
1 boîte de maïs en crème
2 gros oignons
Faire revenir les oignons hachés fin et le steak haché. Verser dans
le fond d'un plat allant au four. Verser dessus le contenu d'une
boîte de maïs en crème. Couvrir avec les pommes de terre en purée,
ajouter quelques noix de beurre et faire cuire au four à 375 °F
pendant une demi-heure.
Recettes pour grévistes et chômeurs — Ingrid Saumart et Louise
Cousineau
Si je mourais là-bas...
Si je mourais là-bas sur le front de l'armée
Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée
Et puis mon souvenir s'éteindrait comme meurt
Un obus éclatant sur le front de l'armée
Un bel obus semblable aux mimosas en fleur
Et puis ce souvenir éclaté dans l'espace
Couvrirait de mon sang le monde tout entier
La mer les monts les vals et l'étoile qui passe
Les soleils merveilleux mûrissant dans l'espace
Comme font les fruits d'or autour de Baratier
Souvenir oublié vivant dans toutes choses
Je rougirais le bout de tes jolis seins roses
Je rougirais ta bouche et tes cheveux sanglants
Tu ne vieillirais point toutes ces belles choses
Rajeuniraient toujours pour leurs destins galants
Le fatal giclement de mon sang sur le monde
Donnerait au soleil plus de vive clarté
Aux fleurs plus de couleur plus de vitesse à l'onde
Un amour inouï descendrait sur le monde
L'amant serait plus fort dans ton corps écarté
Lou si je meurs là-bas souvenir qu'on oublie
- Souviens-t'en quelquefois aux instants de folie
De jeunesse et d'amour et d'éclatante ardeur -
Mon sang c'est la fontaine ardente du bonheur
Et sois la plus heureuse étant la plus jolie
Ô mon unique amour et ma grande folie
Guillaume Appollinaire
30 janv. 1915, Nîmes.
[Les parties de ce message comportant autre chose que du texte seul ont été
supprimées]
QU'EST-CE QU'UN ANGLICISME INTÉGRAL ?
Un anglicisme est un emprunt linguistique à l’anglais. On parle
d’emprunt linguistique lorsque les utilisateurs d’une langue adoptent un
mot ou un trait linguistique d’une autre langue, par exemple un sens,
une forme, une prononciation ou une structure syntaxique.
L’emprunt, comme la création lexicale, est un procédé d’enrichissement
linguistique : il permet aux langues de maintenir leur vitalité, de se
renouveler et d’évoluer. Le phénomène de l’emprunt n’est donc pas
mauvais en soi, et il est même normal. Toutefois, ce procédé ne doit pas
entraver la créativité lexicale ni favoriser des mots étrangers au
détriment des ressources déjà disponibles dans la langue emprunteuse. Au
Québec, l’emprunt s’inscrit dans un contexte sociohistorique et dans une
dynamique sociolinguistique particulière où l’anglais est très présent.
L’Office québécois de la langue française, en vertu de la mission de
francisation qui lui est dévolue par la Charte de la langue française,
tente de promouvoir le développement et l’enrichissement du français; il
ne saurait par conséquent considérer tous les emprunts à l’anglais com!
me autant de formes d’enrichissement linguistique. C’est pourquoi la B
DL propose des solutions de rechange aux anglicismes susceptibles de
poser problème aux usagers de la langue française.
Dans le cas d’un anglicisme intégral, on emprunte intégralement le mot
ou le groupe de mots, c’est-à-dire autant la forme que le sens, et ce,
sans adaptation ou presque au système de la langue française. Par
exemple, background, cool, full, hot, junk food, leadership, piercing,
rafting, timing, week-end et work in progress sont des anglicismes
intégraux. Ils ont été empruntés sans être adaptés au système du
français, c’est-à-dire sans que la graphie anglaise ni, dans certains
cas, la prononciation n’aient été modifiées pour en faciliter l’emploi
en français. Certains de ces emprunts sont tronqués, par exemple pull
(de pull-over) et snow (de snowboard). Ce type d’emprunt, sans
adaptation, représente le stade le plus statique de l’intégration de
l’emprunt au système du français.
Dans d’autres cas, l’! emprunt intégral fait l’objet d’une adaptation
minimale d’ordre phonétique ou graphique pour faciliter la
prononciation. Par exemple, le mot CD-ROM peut s’écrire cédérom en
français, ce qui en simplifie la prononciation. De même, le nom diésel,
auquel on a ajouté un accent aigu, est une adaptation graphique qui vise
une plus grande conformité à la prononciation de l’emprunt.
Le noble pâté
Une base britannique, des atours français, une touche autochtone: voici
le plat national des Québécois
Photo: Pedro Ruiz
Début novembre, Le Devoir a invité ses lecteurs à une grande quête:
celle du plat national du Québec. L'appel a été plus qu'entendu. Près de
500 personnes se sont exprimées à ce jour, par courriel, par téléphone,
par courrier ou par l'entremise de notre site Internet. La question
s'est retrouvée au coeur de soupers de famille, dans des salles de
cours, dans des discussions autour de machines à café. Elle a aussi été
soumise à un groupe de six personnalités qui, finalement, en choeur, ont
tranché. Et le vainqueur est: le pâté chinois.
«La question devait être posée, mais nous ne savions pas quand.»
«Rechercher le plat national n'est pas une mince affaire.» «Ce plat
n'existe pas encore.» «Il lui faut des patates et du cochon.» «C'est la
tourtière de ma mère.» «Ce mets doit contenir de la farine brûlée», «du
sirop d'érable», «du boeuf, aussi». «Celui-là est déjà pris par les
Italiens.» «S'il vous plaît, éloignez-nous à jamais de la poutine.» «Ne
cherchez plus: Lionel Daunais l'a chanté.» «La recette? Thérèse de La
P'tite Vie la connaît presque.»
Depuis plus d'un mois, la quête du plat national a fait beaucoup jaser.
Répondant à l'invitation du Devoir, les lecteurs se sont exprimés en
grand nombre sur ce mets qui serait à même de refléter nos traditions,
notre histoire, notre territoire, notre culture, en somme notre
identité. Une participation «surprenante mais réjouissante», a commenté
le sociologue de l'alimentation Jean-Pierre Lemasson, de l'Université du
Québec à Montréal (UQAM), un des experts consultés dans le cadre de
cette enquête. «Cela vient démontrer la profondeur des enjeux
sociologiques existants autour de la bouffe», qui finalement
n'attendaient qu'une simple question pour s'extérioriser avec passion.
Avec ici une recette de famille, là un morceau de vie autour du plat
suggéré ou encore un argumentaire universitaire documenté, les
commentaires ont été généreux, sincères et enthousiastes, tout en
respectant également les balises établies au moment de l'appel.
Car, pour porter le titre de plat national, la recette se devait de
trouver un ancrage solide dans la tradition culinaire familiale
québécoise, mais aussi de se transmettre de génération en génération.
Forte de ces racines historiques, elle est également reproduite sur une
base régulière dans les cuisines de la province, et ce, selon une base
culinaire plus ou moins homogène de Gaspé à Gatineau, en passant par
Montréal, Québec, Saguenay, Shefferville et même Sainte-Anne-des-Lacs.
Autres critères: le plat national du Québec, forcément fait avec des
ingrédients d'ici, trouve aussi sa place en dehors des ménages, dans des
restaurants populaires, des établissements ou, pourquoi pas, dans de
hauts lieux de la gastronomie, et ce, dans des versions améliorées ou
pas. Il est mangé avec plaisir et, chose importante, avec fierté. Il
peut aussi devenir un objet de désir chez les Québécois qui, après un
long séjour à l'étranger, reviennent à la maison. À l'instar d'une
paella, d'une choucroute ou d'un duo moules-frites dans d'autres pays.
Vingt candidats, deux gagnants
Plus d'une vingtaine de plats différents, allant de l'entrée au dessert
en passant par le plat de résistance, ont été suggérés. Mais deux se
sont finalement détachés du lot: le pâté chinois et le pouding chômeur
(voir autre texte), ce dernier à titre de dessert national. Tous deux
ont été largement plébiscités par les lecteurs et majoritairement cités
par notre groupe d'experts. «Ces plats sont très représentatifs du
Québec. Et en plus, ça n'existe nulle part ailleurs qu'ici», indique
l'historienne Hélène-Andrée Bizier, membre de ce groupe aux côtés de
Jean-Pierre Lemasson, de l'ex-premier ministre Bernard Landry, de la
chef Anne Desjardins, de l'humoriste Boucar Diouf mais aussi de Jocelyne
Brunet, propriétaire de la Binerie Mont-Royal, une institution
montréalaise versée dans les plats traditionnels québécois.
Le pâté chinois, plat national du Québec. La chose ne fait donc plus de
doute. «C'est un plat que nos grands-mères et nos mères faisaient»,
souligne Mme Brunet. «Il est démocratique, facile à faire, traverse les
générations et les classes sociales», ajoute Anne Desjardins. «Sa triade
[purée de pommes de terre, maïs, viande hachée] est spécifique au
Québec», dit M. Lemasson.
Et il y a plus. «La transmission de sa recette n'est pas seulement
familiale, elle est aussi sociale, écrit Ulysse Desnaleau Dandurand, de
Saint-Jean-sur-Richelieu. Et comme nos instances politiques (fédérale,
provinciale, municipale), il a trois étages.» «C'est une sorte d'icône
de notre panthéon culinaire largement mentionnée dans notre littérature
et à la télévision, par l'entremise entre autres de l'émission La P'tite
Vie», ajoute Martin Landry, de Montréal. «J'en ai cuisiné à des amis
pakistanais et sud-américains et tous ont adoré!», précise Christian
Lalande sur notre site.
Simple et réconfortant, le pâté chinois serait même, d'un point de vue
métaphorique, à l'image de la société où il a vu le jour: «Les
anglophones, traditionnellement plus aisés, sont représentés par la
viande, les Québécois francophones, n'ayant pas de quoi s'offrir, par
les patates, et les peuples autochtones (premiers cultivateurs de maïs)
sont coincés entre les deux, en une mince couche», soulignent Isabelle
Létourneau et Vincent Hubert, «parents de trois enfants», précisent-ils
dans leur courriel. «Pis, ces couches homogènes ne se mélangent pas et
en étirant la sauce argumentaire on peut même dire que les
accompagnements (le plus souvent le ketchup mais l'imagination est sans
limite) représentent les apports de l'immigration dans notre société.»
Des origines obscures
Omniprésent sur les tables du Québec, les «mercredis soir», écrit
Marie-Claude Laframboise, servi dans les cafétérias d'école,
d'entreprise ou d'hôpital aux quatre coins de la province, revisité par
certains grands chefs depuis quelques années, le pâté chinois trouve
donc un ancrage concret et clair dans le quotidien des gens d'ici.
Contrairement à ses origines qui, elles, demeurent encore et toujours
très nébuleuses.
Dans le petit livre d'histoire de ce que l'on pourrait désormais
qualifier de grand plat, deux principales théories cohabitent. La plus
célèbre? Ce plat aurait vu le jour à la fin du XIXe siècle, lors de la
construction de la voie de chemin de fer pancanadienne par le Canadien
Pacifique. À l'époque, les ouvriers, surtout d'origine asiatique, y
étaient nourris, dit-on, uniquement de boeuf haché, de pommes de terre
et de maïs, créant ainsi, par la force des choses, un assemblage
désormais unique nommé en leur honneur.
Autre explication: ce mets aurait été rapporté de la ville de South
China, pas très loin d'Augusta, dans le Maine, par les nombreux
Canadiens français qui y avaient émigré, faute de travail ici, dans les
belles années de la révolution industrielle. Et le «China pie»,
spécialité locale, serait alors devenu ici, après traduction, le fameux
pâté chinois.
Charmantes, exotiques et imagées, ces deux histoires, largement
véhiculées par la culture populaire, sont toutefois «celles qui tiennent
le moins la route», estime Jean-Pierre Lemasson.
Alors? Une poignée de vieux livres de recettes publiés au début du
siècle dernier au Québec pourraient bien remettre les pendules à
l'heure. Le pâté chinois commence à y apparaître dans les années 1920,
mais sous des traits qui nous sont peu familiers aujourd'hui. Pour
cause. Il s'agit en fait d'un plat composé d'une couche de riz, d'une
couche de viande hachée et d'une autre couche de riz, le tout passé au
four. Ce riz, largement associé à la culture asiatique, donnerait du
même coup un début d'explication sur l'étymologie du plat national.
Vraisemblablement une variante avec riz du Sherpherd's pie des Irlandais
(un plat de deux étages fait de viande hachée recouverte d'une pâte,
d'une purée de pommes de terre ou de riz, selon l'humeur), ce drôle de
pâté chinois est d'ailleurs présenté sous l'appellation «pâté berger»
dans Les Recettes de madame curé, une compilation des vieilles recettes
de presbytères faite par Pierrette Baudouin en 1995 (Éditions Logique).
Le Cercle des fermières du Québec le présente dans ses publications sous
le nom de «pâté chinois au riz».
Parti pour la gloire
«Véritable plat de pauvre», dit Mme Bizier, le pâté chinois, dans sa
forme originelle et quelques autres dérivés, va très vite s'imposer dans
les cuisines, poussé par la crise économique et «les recettes de Jehane
Benoît publiées dans les journaux invitant les gens à ne rien
gaspiller», poursuit-elle. Ce «plat de la débrouillardise» se résume
alors à des restes de viande (rôti de boeuf ou de porc) passés au moulin
et placés entre deux couches de riz ou sous de la purée, sur le modèle
du hachis parmentier des Français.
L'arrivée du maïs, ce troisième étage qui vient donner tout son sens à
la recette désormais collectivement adoptée, est, elle, difficile à
expliquer, concèdent les quelques historiens de l'alimentation. «C'est
peut-être un accident, dit Mme Bizier. Un jour, quelqu'un a mis du maïs
dans son assiette [dans laquelle se trouvait un pâté berger à la pomme
de terre] et a trouvé ça très bon.»
Cet «accident» se serait aussi produit après la Deuxième Guerre
mondiale, avec l'apparition des premières conserves de maïs, en grain et
en crème, mises sur le marché par un certain Onil Larose, agriculteur de
Calixa-Lavalée qui, dans les années 1950, aurait modernisé une
conserverie mise en place par son père Joseph Larose en 1935 pour ses
besoins personnels et ceux des habitants du coin.
L'idée d'ajouter cette céréale aura été finalement une bénédiction pour
le pâté chinois tel qu'on le connaît aujourd'hui et qui, sous cette
forme, passe alors du statut de copie de recettes existantes (le hachis
parmentier et le Sherpherd's pie) à celui de plat original exprimant
«l'américanité [et du même coup l'identité] de la société québécoise»,
résume M. Lemasson.
Mieux, ce maïs, un aliment qui n'est pas consommé dans les vieux pays,
vient également sceller deux couches, issues de deux traditions,
anglaise et française, qui ont façonné notre société.
Cette tectonique du pâté chinois ne serait d'ailleurs pas étrangère à la
popularité incontestable de ce plat qui, du même coup, devient tout
simplement bon, poursuit le sociologue de la bouffe. «Pour être bon à
manger, un plat doit aussi être bon à penser, dit-il. Quand on le mange,
on mange de l'appartenance sociale, de l'histoire.» Et désormais, un
plat national.
Fabien Deglise
via Josée
La tourtière de la discorde
La société québécoise, qui n'aime pas la chicane et recherche sans cesse
le consensus, peut-elle adopter la tourtière comme plat national? La
question s'est posée au cours des dernières semaines devant l'avalanche
de courriels choisissant ce mets festif et polymorphe comme celui qui
représenterait le mieux le Québec. Après le pâté chinois, cette
tourtière, déclinée sous toutes ses formes (pâté à la viande, cipaille,
cipâte et compagnie), a été le plat le plus mentionné par nos lecteurs.
Sympathique objet de discorde entre les régions du Québec et même à
l'intérieur de certaines familles, ce plat, dont les racines historiques
ne sont plus à démontrer, est toutefois loin de faire consensus dans la
population, donnant, du même coup, lieu «depuis longtemps à moult
discussions», résume poliment Jean-Claude Corbeil, lecteur ayant malgré
tout soumis la candidature de ce plat.
Honorée chaque fin d'année à travers la province, la tourtière
manquerait donc un peu de constance pour devenir un plat national, ont
tranché, en majorité, les experts consultés par Le Devoir. Mais elle a,
par contre, tout «pour s'affirmer à l'avenir comme plat régional», dit
la chef Anne Desjardins, et ce, dans toutes les formes qu'elle revêt sur
l'ensemble du territoire. Avec en tête la célèbre tourtière du
Lac-Saint-Jean -- étrangement soumise par plusieurs lecteurs sous cette
appellation comme aspirante au titre de plat national!
Respectueusement exclue, donc, la tourtière n'a pas été la seule à subir
ce difficile traitement. Plusieurs autres suggestions de plat national
ont également été rejetées, à commencer par le bouilli canadien, ou
bouilli québécois, dans lequel plusieurs lecteurs, ainsi que
l'ex-premier ministre Bernard Landry, membre de notre groupe d'experts,
croyaient beaucoup.
Motif de ce rejet? «Même s'il est très délicieux, ce plat n'est plus
beaucoup fréquenté, résume l'historienne Hélène-Andrée Bizier. Je ne
connais pas grand-monde qui le fait.» «Il n'est pas source de fierté,
ajoute Anne Desjardins, sans doute à cause de son apparence.
Aujourd'hui, l'esthétique d'un plat est très importante.»
Or le bouilli se révèle, en raison de son mode de cuisson, généralement
dans un camaïeu de gris, avec des légumes qui ont perdu leurs couleurs.
Et forcément, tout ça joue un peu contre lui et explique le peu
d'importance que les restaurateurs lui accordent. «En l'améliorant un
peu et en lui trouvant un autre nom, cela pourrait en faire un candidat
potentiel», dit Jean-Pierre Lemasson, sociologue de l'alimentation à l'UQAM.
Proche cousin de la tourtière, par ses racines historiques, le ragoût de
pattes et boulettes a également été logé à la même enseigne. «Même s'il
a une charge identitaire très forte et s'inscrit dans une réalité
sociologique réelle, ce plat est en déclin», poursuit l'universitaire.
«C'est du folklore, ajoute Anne Desjardins, et ce n'est plus vraiment
mis sur les tables sur une base quotidienne.»
Surprenante apparition dans plusieurs courriels et lettres, le «rôti de
porc avec patates jaunes» -- c'est ainsi qu'il a été le plus souvent
présenté -- n'a également pas réussi à finir la course, en raison d'un
appui, certes étonnant, mais timide des lecteurs tout comme du faible
engouement des experts. Dans l'ensemble, ils l'ont jugé exclusivement
familial et très peu mis à l'honneur dans les restaurants. Et malgré un
attachement évident au territoire, cette délicieuse préparation
n'inspire finalement pas la fierté nécessaire pour revendiquer le titre
de plat national.
Difficile d'en dire autant de la fameuse sauce à «spaghatte», qui elle
invite, dans bien des ménages, à bomber le torse. «Tout le monde est
fier de sa sauce à "spaghatte", dit l'humoriste Boucar Diouf, et tout le
monde possède sa recette qui est toujours la meilleure que celle de tous
les autres.»
Endogène et exogène, ce plat rayonne indéniablement à travers la
province dans les foyers, sur une base quotidienne, dans les restaurants
populaires ou dans les cafétérias. L'ajout de carottes ou de céleri lui
conférerait même une certaine typicité. Alors?
Les experts ont tranché: apparu tardivement dans le paysage culinaire
québécois, vers la fin des années 50, ce plat national «est déjà pris»,
dit Anne Desjardins. «Et il pourrait être délicat d'aller affirmer le
contraire sur une place publique à Milan [en Italie]», lance en rigolant
Bernard Landry.
Délicate. L'attribution, sur une place publique au Québec, du titre de
plat national à plusieurs autres plats soumis au Devoir ces dernières
semaines pourrait l'être tout autant. En vrac, et pour le plaisir de la
chose: le gâteau Reine-Elizabeth, les bonbons aux patates, la salade à
la crème, le coeur et la langue de boeuf bouillis, la crêpe aux bleuets,
le chiard au baloney, le macaroni aux tomates, les trottoirs, le foie de
veau, la tarte aux corn flakes, la soupe à l'oignon gratinée, le saumon
fumée, les beans au lièvre ou la soupe au chou, qui ensemble prouvent
que, si le Québec a désormais un plat national, il y a aussi une grande
diversité dans sa cuisine et beaucoup d'imagination chez les gens qui la
font vivre et qui risquent à l'avenir de faire naître bien d'autres
plats nationaux.
Fabien Deglise
via Josée
Délice tricolore
François Laverdure,
Édition du samedi 15 et du dimanche 16 décembre 2007
Rechercher le plat national du Québec n'est pas de la tarte! C'est même
faire la preuve qu'il peut être très compliqué de trouver une réponse à
une question en apparence très simple. J'ai donc plongé dans les livres
de recettes familiaux afin de trouver la réponse, une aventure
gastronomique qui m'a fait saliver à chaque recette. Que de souvenirs
sont reliés à la table!
Force est de constater toutefois que de nombreux plats ont le potentiel
d'être candidats. La tentation fut forte de choisir la bien-aimée
tourtière de ma mère. Mais étant donné que cette dernière n'est préparée
que durant le temps des Fêtes, je ne crois pas qu'elle mérite le titre.
Les fèves au lard et la soupe aux pois furent aussi considérées. Mais
puisque la plupart des gens préfèrent les déguster en utilisant
l'ouvre-boîte et le four micro-ondes au lieu de laisser les fèves
gonfler au cours de la nuit pour les faire mijoter ensuite pendant de
longues heures, j'ai tendance à les reléguer au même niveau que la
poutine. De plus, elles sont dégustées à la grandeur du Canada, ce qui
m'a forcé à les éliminer de la course au titre.
Il en fut de même pour presque tous les délicieux plats principaux à une
exception: le pâté chinois de ma grand-mère. Il faut croire que Claude
Meunier fut visionnaire lorsqu'il donna à un personnage le don de
réussir le pâté chinois! Je ne connais aucune famille québécoise qui
n'ait jamais servi ce délice tricolore à l'heure du souper. Facile à
préparer, même les plus nuls en cuisine peuvent apprendre les détails de
sa préparation en un temps record. Polyvalent, il peut être préparé de
multiples façons. Intemporel, il peut être servi été comme hiver.
Pâté chinois de grand-maman
Ma grand-mère préparait toujours son pâté chinois de la même façon. Il
était toujours plus savoureux que celui de la voisine. Certains diront
que le fait qu'il était mijoté avec amour en est la raison. Mais rien
n'est plus faux: ma grand-mère possédait une recette secrète digne des
plus grands chefs.
En effet, sous les «patates pilées» et le blé d'Inde en crème se cachait
un mystère! Le steak haché n'était pas sec et rugueux en bouche comme
dans la majorité des pâtés chinois servis dans ce monde. C'était plutôt
une viande douce au palais qui fondait dans la bouche. C'était bel et
bien du steak haché, mais il était toujours mélangé avec du jambon
haché. Les deux viandes étaient combinées à quantité égale. Les restes
de jambon cuit au cours de la semaine offraient un côté tendre et
légèrement salé qu'il est impossible d'obtenir autrement. Le résultat
était tout simplement indescriptible.
Le dessert national
[...] J'ai pensé aux biscuits à la mélasse, mais suis arrivé aussi à la
conclusion que les quelques adeptes de ces derniers préfèrent se les
procurer à l'épicerie plutôt que de les préparer eux-mêmes. Il y a
toujours le pouding au pain, qui était fait à partir du pain
rassis, chose de plus en plus rare aujourd'hui avec
la venue des agents de conservation. Mais comme peu de gens le préparent
de nos jours, je suis tenté de l'écarter du titre. Loin devant tous ces
derniers se trouve un plat qui pourrait être élevé au niveau de «roi des
desserts». Et j'ai nommé: le pouding chômeur!
Lui aussi est de préparation simple et fut cuit au four par de
nombreuses grands-mères. Sucré à souhait, il est disponible en quelques
variantes et peut être servi en tout temps de l'année. Si la base est
toujours similaire, la délectable sauce qui le recouvre et le transperce
peut être adaptée selon le cas. Du pouding chômeur «de base» avec sauce
à la cassonade, il peut être élevé au modèle «intermédiaire» en y
ajoutant des raisins secs ou, à la variante «grand luxe», en y
incorporant des noix de Grenoble coupées en deux. C'est un des rares
desserts qui soit apprécié par petits et grands sans distinction et qui
mérite d'être cuisiné plus souvent!
via Josée