Bonjour,
Isabelle Jaitly a écrit : « Je pense que Wladimir s'est assez reposé après
le stage de cet été, et j'ai donc quelques questions d'ordo que j'aimerais lui
(pour me rappeler à son bon souvenir) et vous poser.
Notre paroisse est consacrée à Saint Thomas. Nous fêterons sa fête dimanche
prochain (un jour en avance selon l'ancien calendrier, pour que cela tombe un
dimanche). Je me demandais en fait si, étant donné que notre paroisse est
consacrée à Saint Thomas, nous devons lui accorder plus de place dans l'office
que si nous fêtions normalement sa fête. [...] »
Chère Isabelle,
Si tu te disais que toute commémoration d'un saint est une joie due uniquement
à la Résurrection du Seigneur dans son fond, tu ne poserais pas ta question.
Tout saint est uniquement un témoin et un reflet du Christ ressuscité.
Quant au dimanche, nous ne célébrons pas la liturgie dominicale parce que
c'est un jour férié (l'est-il en Inde ?), mais parce que c'est le jour du
Seigneur. Dans l'antiquité, le "jour du soleil" (notre dimanche) était un jour
ouvrable, et pourtant les chrétiens se retrouvaient à l'aube pour "rompre le
pain", en dépit du labeur journalier qui les attendait. Le principe qui
proclame le dimanche "jour du Seigneur", est immuable.
Dans les détails, je suis cependant sûr qu'on peut s'adapter. Exemple, le
Polyéley.
Le dimanche, le symbole vénéré du jour est le Livre de l'Évangile (témoin
de la résurrection), les autres jours de fête le symbole vénéré est
l'icône du saint dont c'est la fête. Le clergé sort à l'ambon pour l'écoute
de l'Évangile et pour la vénération. Pourrait-on combiner ? On pourrait
chanter le mégalynaire (vélitchanié), qui est du genre psalmique, devant
l'icône après les psaumes, et ensuite reprendre l'ordo du dimanche, avec le
prokiménon et la péricope de la résurrection ; puis "Ayant contemplé", le ps
50, et "gloire, par les prières du saint apôtre Thomas et de tous les
apôtres...", pour terminer avec "les prières de la Mère de Dieu" (que nous ne
devons pas omettre) et le stichère de la résurrection. Si nous regardons la
"Deisis", la rangée d'icônes au-dessus des portes saintes, nous y voyons
Christ entouré de ses proches. Saint Thomas est l'un d'eux. Serait-il faux de
transférer cette vision iconographique de l'iconostase, puisqu'elle est
véridique en soi, à l'action du Polyéley ?
Si l'office est celui de la vigile, ne doit-on pas lire les lectures à Vêpres
et chanter une fois le tropaire après "Vierge Mère de Dieu" (×2) d'un saint
majeur de toute façon ?
Je pense que, vu l'importance de la commémoration du saint paroissial une fois
dans l'année, on devrait pouvoir chanter la vénération de son icône au
Polyéley. Cette innovation serait un enrichissement de la tradition pour notre
temps. Mais il serait déplacé de remplacer des aspects liturgiques de la
résurrection par la vénération d'un saint, qui est lui-même serviteur du
Ressuscité.
Bonne et joyeuse fête !
p.Michel Fortounatto