Lorsqu'on découvre qu'une chaîne de montagnes existe bel et bien au milieu de
l'Atlantique Nord et que des îles comme les Acores et les Canaries sont les
sommets émergeants de chaînes de montagnes englouties, les rumeurs repartent de
plus belle, alimentées par des voyants, tel l'Américain Edgar Cayce.
Mais depuis les années 1960, on s'est demandé si on ne cherchait pas l'Atlantide
trop loin, se rappelant que les Égyptiens ne connaissaient, somme toute, rien
aux choses maritimes et que pour eux le détroit de Gibraltar était une notion
géographique on ne peut plus vague. La seule chose certaine est que l'Atlantide
devait se trouver à l'ouest de l'Égypte. Puis, à mesure que les découvertes
archéologiques se succédaient en Méditerranée, on découvrait de plus en plus
l'importance d'un empire dont on savait peu de choses, celui de l'île de Crète.
En effet, la civilisation crétoise n'avait été redécouverte qu'au début de ce
siècle avec les fouilles de l'archéologue Arthur Evans. Les anciens Grecs
l'avaient complètement oubliée et ne se souvenaient vaguement que de quelques
mythes, celui du Minotaure, du fil d'Ariane, des combats de taureaux, etc. Or,
les fouilles archéologiques ont révélé une civilisation agréable, pacifique,
avec des maisons familiales à deux ou trois étages, l'eau courante et l'égoût.
La civilisation crétoise était le centre d'un vaste empire qui, par son commerce
et son influence, s'étendait sur une bonne partie de la Méditerranée, à une
époque où les peuples craignaient la mer. En somme, tout le commerce entre
l'Europe, l'Asie et l'Afrique était aux mains des Crétois qui dominaient la mer.
Selon les anciens Grecs, la civilisation crétoise avait été anéantie par
l'invasion des Grecs.
Mais les découvertes archéologiques montrent plutôt que la civilisation crétoise
a été frappée par une mystérieuse catastrophe vers 1500 avant Jesus-Christ. Des
fouilles effectuées près de la Crète sur l'île de Thera, appelée Santorin, ont
montré que l'île avait subi une gigantesque inondation.