Mais comme on ne trouve pas de preuve concluante, l'Atlantide retombe dans
l'oubli pour quelques siècles.
En 1882, Ignatius Donelly écrit Atlantis, Myths of the Antediluvian World? Le
succès du livre est phénoménal. Cinquante éditions se succèdent et l'ouvrage
circule parmi tous les amateurs de mystères. Selon Donelly, l'Atlantide est le
berceau de la civilisation et beaucoup de lecteurs sont d'accord. Les cultes
atlantes foisonnent dans toutes les couches de la société européenne et le
premier ministre de la Grande-Bretagne, Gladstone, tente même d'obtenir
l'approbation du cabinet britannique pour le financement d'un navire
d'exploration destiné à rechercher l'Atlantide.
Au début du vingtième siècle, la famille Krupp, les marchands d'armes les plus
riches d'Europe, dépense un demi-million de dollars pour financer une expédition
dans le Matto Grosso au Brésil, à la recherche de l'Atlantide. En vain.
En fait, on prétend toujours que l'Atlantide n'est pas là où on la cherche. On
la situe au Maroc, au Sahara, dans la mer du Nord, en Sibérie et en Belgique!
Paul Schliemann, petit-fils du célèbre archéologue Henrich Schliemann, le
découvreur de la ville de Troie, écrit un livre en 1911, How I discovered
Atlantis, the Source of all Civilizations, qui raconte que son grand-père aurait
laissé peu avant sa mort, une lettre cachetée destinée a n'être ouverte que par
un membre de sa famille qui consacrerait sa vie aux recherches sur l'Atlantide.
Alors que le public est convaincu que la solution est à portée de la main, des
experts découvrent que Paul a fabulé allègrement.
Quelques années plus tard, un dénommé James Churchward révèle à son tour que des
prêtres hindous lui ont appris qu'il y avait deux continents disparus, l'un,
l'Atlantide, qui a sombré dans l'Atlantique et l'autre, le continent Mu qui a
sombré dans le Pacifique. Là aussi, on constate rapidement que Churchward
n'offre pas l'ombre d'une preuve.