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Date: Sat, 31 Oct 2009 09:42:17 +0100
Subject: [nuitsecuritaire4] La lettre du groupe des 39 : prochain forum du 28 novembre à Montreuil. Article sur les soins ambulatoires "sous contrainte"
"Contre La Nuit Sécuritaire - Collectif des 39"
La psychiatrie se verrait-elle expropriée de sa fonction soignante, pour redevenir la gardienne de l'ordre social ?
Nous, citoyens, professionnels du soin, du travail social, refusons de servir de caution à cette dérive idéologique de notre société.
Collectif des 39 – Contre la nuit sécuritaire
Rencontre Nationale :
Quelle hospitalité pour la folie ?
Non:
- au retour des gardiens de fous
- au grand renfermement
- à l'abandon, au tri, à la mise à l'écart.
Au programme : la question de l’industrialisation de la santé, l’évaluation, les protocoles, la déshumanisation,
puis un temps sur les soins contraints et les dérives sécuritaires, l’usage systématisé des chambres d’isolement
et enfin la réflexion sur les moyens de résistance, de coordination, pour défendre nos pratiques cliniques.
SAMEDI 28 NOVEMBRE 2009
à la maison de l'arbre et de la parole errante
9, rue François Debergues, à Montreuil.
Inscriptions : http://www.collectifpsychiatrie.fr/phpPetitions/index.php?petition=7
Plus d’infos dans les prochaines newsletters…
Des soins ambulatoires "sous contrainte"
En prévision de la Journée Nationale du 28 novembre à Montreuil, nous voulons
soulever plusieurs questions touchant directement aux conditions des pratiques
en psychiatrie. Il y a certainement de nombreux aspects à rénover, à réformer,
reste à penser dans quelles conditions et pour quelles pratiques de demain ?
Depuis plusieurs mois, les conditions de sortie se sont durcies dans de
nombreux hôpitaux, du fait d'une pression de plus en plus vive de la part des
préfets. Une réforme de la Loi de 1990 est à prévoir dans les prochains mois.
Dans le contexte actuel, il est à craindre un durcissement de cette Loi
concernant les hospitalisations sans consentement. Nous en reparlerons.
La notion de « soins ambulatoires sous contrainte » est parallèle à la question
de l'hospitalisation sous contrainte. Elle pose des questions éminemment
épineuses sur la pratique extrahospitalière et l'interaction avec
l'intrahospitalier.
Dans une conception du soin et d'une pratique thérapeutique, la dimension
relationnelle est primordiale. Que ce soit en pédopsychiatrie ou en psychiatrie
adulte, il est naturel de s'interroger sur les conséquences d'un dispositif de
contrainte en extrahospitalier. L'obligation de se rendre dans un lieu
d'accueil et de soins en ville condamne toute possibilité de résistance,
d'ambivalence chez les sujets en souffrance. Inévitablement vient à l'esprit la
nature "des soins" "proposés". Peut-on être obligé de
participer à un repas thérapeutique ? à une réunion soignants-soignés ?
Nous connaissons le sens des mots « soin ambulatoire ». Les pratiques sont
certainement diverses et variées. Nous connaissons tout autant la réalité de la
contrainte, dont il est parfois nécessaire d’user, toujours dans un soucis de
contenance. Mais l’association de ces termes perturbe toute la représentation
du dispositif central dans la politique de secteur qu’est le soin ambulatoire.
Aurait-on décidé de faire disparaître la résistance de transfert ? Celle
qui nous conduit dans nos pratiques quotidiennes, à innover, à créer de nouveaux
dispositifs soignants, parfois au cas par cas, pour « proposer » une rencontre
et non « contraindre ».
Le réalisme et la lucidité face au contexte actuel nous oblige, nous,
professionnels et familles, à réfléchir profondément aux décisions que nous
prendrons pour demain.
Le soin ambulatoire sous contrainte risque de se révéler véritablement
contraignant pour tous les acteurs du soin psychique, les professionnels du
sanitaire et du médico-social, comme les patients. Une fois que tous les moyens
les plus modernes nous seront mis à disposition pour assurer notre mission de «
bonne administration » de ces soins obligatoires, quel écart de liberté nous
restera-t-il ? Est-ce cela la nouvelle norme du soin, de l'engagement soignant
?
La complience au soin devient obligatoire. Que fait-on de la singularité de
chaque sujet ? Une source d'insécurité et d'approximation inadéquate à la bonne
gestion ? Une « bonne évaluation » (de la qualité et des risques) implique la
réduction maximale des incertitudes. Le facteur humain est effectivement l'un
des critères les plus contraignant car imprévisible, sans parler du « transfert
».
La plus grande responsabilité est celle qui repose sur l’engagement de chacun
en tant que soignant. Toute contrainte instituée induit un renversement de la
responsabilité sur le patient. Il se retrouve par obligation au centre d'un
dispositif. Un soin régi par la Loi ne nous dispenserait-il pas de tout
engagement ? Le contrat de soin n'est-il pas avant tout un contrat moral à
construire entre un sujet et une équipe ?
Certains perçoivent dans cette idée une utopie, une déraison. Au contraire, la
pratique clinique donne la lucidité et le réalisme qui confèrent à nos
connaissances une modestie. La psychiatrie de la contrainte, peut se perdre
dans d'obscures convictions. L’utilisation d’un savoir médical comme d’une
science exacte, pour légitimer, avec le recours à la Loi, un raitement sans
l’accord du sujet, sort le sujet du soin pour le mettre au centre d’un système
de contrôle social : le biopolitique.
Par Antoine Machto, du groupe des 39

Montreuil le 7 février 2009, à la maison de l'arbre à Montreuil, le MEETING du groupe de 39 avait réuni « 1789 » participants.
La revue
Sud / Nord vient d’en éditer tous les textes
http://www.editions-eres.com/resultat.php?Id=2369
Les Forums itinérants du "collectif des 39- Contre La Nuit Sécuritaire" continuent :
Dans toutes les régions, des colloques, des journées d'études, des associations réservent une partie de leur temps pour un forum " Contre la Nuit Sécuritaire".
- 29-31 octobre : à Arles au colloque initié par l'IRRAV http://www.echo-arles.fr/
- 11 novembre : à Montreuil forum du collectif 39-93 sur "La contrainte"
- 20-21-22 novembre : à Cavaillon au colloque du point de capiton http://www.le-point-de-capiton.net/Transfert/transfert.htm qui commencera par un forum intitulé « Pour une relation humaine dans les dispositifs de soin : "une psychiatrie sans transfert est-elle viable ?" à la salle polyvalente de Le Thor
programme détaillé : voir PJ « forum 11 nov 09 »
Collectif des 39 du 9-3
2ème Forum :
« CONTRAINTES ET RESPONSABILITÉS »
Mercredi 11 Novembre 2009
De 15h. à 19h.
A la Maison de l’Arbre – « La Parole Errante »
9 rue François Debergue
93100 - Montreuil-sous-Bois,
Metro Croix de Chavaux.(métro ligne 9).
Débat public
Avec
Philippe Rappard, psychiatre honoraire des hôpitaux, Monique Thizon, psychiatre des hôpitaux,
Équipe infirmière du 14ème secteur (Bondy), Association Advocacy avec Martine Dutoit,
Équipe de psychiatrie infanto-juvénile de Saint Denis, Appel des 39
Didier Boillet et Pedro Serra, Psychiatres de Seine Saint Denis
Anne Corlaix,Éducatrice.
Continuez à SIGNEZ LA PETITION, et diffuser cette lettre autour de vous.
http://www.collectifpsychiatrie.fr/phpPetitions/index.php?petition=1
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En cas de difficulté, écrivez à lanuitsecuritaire@...
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